« Comment s'est passée l'école ? » « Bien. » On passe des heures avec ses enfants, à les nourrir, à les conduire d'une activité à l'autre, à surveiller les devoirs, et on se rend compte un jour qu'on ne sait pas grand-chose de ce qui leur passe par la tête. Ce guide rassemble 50 questions qui obtiennent autre chose qu'un mot, et explique quoi faire des réponses.
Les conversations qui comptent n'arrivent pas par hasard. Elles demandent qu'on les provoque, avec les bonnes questions et un moment où l'enfant se sent assez tranquille pour répondre. Les recherches montrent que les enfants qui ont régulièrement de vraies conversations avec leurs parents communiquent mieux, ont une meilleure estime d'eux-mêmes et une résilience émotionnelle plus solide.
Pourquoi poser les bonnes questions change quelque chose
Une question posée sérieusement dit à votre enfant que ce qu'il pense compte pour vous. Et comme une question ouverte le laisse décider de ce qu'il raconte et jusqu'où il va, elle fait beaucoup moins peur qu'une conversation où il devine déjà la réponse que vous attendez.
Le reste suit. Les questions un peu farfelues font travailler l'imagination et obligent à défendre un avis, ce qui est déjà de la pensée critique. Celles qui touchent aux amitiés ou aux peurs vous apprennent des choses qui ne seraient jamais sorties d'un dîner ordinaire. Et chaque échange de ce genre laisse un petit dépôt de complicité qui reste.
La bascule tient à une seule chose : arrêter l'interrogatoire. « As-tu fini tes devoirs ? » n'est pas une question, c'est une vérification. La vraie curiosité ne connaît pas déjà la réponse.
Une dernière chose avant la liste : une question sert autant à celui qui la pose. Vous allez apprendre des choses que vous ne soupçonniez pas, sur ce qui l'inquiète, sur ce qu'il pense de vous, sur la place qu'il croit occuper à la maison. C'est souvent le vrai bénéfice de l'exercice.
50 questions à poser à vos enfants
Les questions sont rangées par famille, du plus intime au plus léger. Piochez, sautez celles qui ne vous ressemblent pas, gardez le numéro de celle qui a marché pour la reposer dans six mois. Les réponses auront changé.
Comprendre leur monde intérieur
- Si tu pouvais avoir n'importe quel super pouvoir, lequel choisirais-tu et pourquoi ?
- Qu'est-ce qui t'a rendu vraiment fier cette semaine ?
- Si tu pouvais avoir n'importe quel âge pendant une semaine entière, quel âge choisirais-tu ?
- Quel est le meilleur rêve que tu aies jamais fait ?
- Si tu pouvais changer une règle dans notre famille, laquelle serait-ce ?
- Qu'est-ce qui te rend courageux ?
- Qu'est-ce qui t'inquiète et que tu ne m'as pas encore dit ?
- Si tu pouvais inventer quelque chose pour améliorer le monde, que serait-ce ?
- Quel est ton souvenir préféré de nous ensemble ?
- Qu'est-ce qui, selon toi, fait de quelqu'un un bon ami ?
Explorer leur imagination
- Si tu pouvais être un animal pendant une journée, lequel choisirais-tu ?
- À quoi ressemblerait ta journée parfaite, du début à la fin ?
- Si tu pouvais voyager n'importe où dans le monde, où irais-tu ?
- Si tu écrivais un livre, de quoi parlerait-il ?
- Quels trois objets apporterais-tu sur une île déserte ?
- Si tu pouvais dîner avec n'importe quelle personne, vivante ou historique, qui serait-ce ?
- Que ferais-tu si tu étais invisible pendant une journée ?
- Si tu pouvais créer une nouvelle fête, que célébrerait-on ?
- Quelle est la chose la plus incroyable que tu penses voir inventer de ton vivant ?
- Quel métier voudrais-tu faire quand tu seras grand ?
Découvrir leurs préférences
- Qu'est-ce que tu préfères faire quand tu as du temps libre ?
- Quel aliment pourrais-tu manger tous les jours sans jamais t'en lasser ?
- Quelle est ta chanson préférée en ce moment, et pourquoi celle-là ?
- Plage ou montagne ? Pourquoi ?
- Quelle est ta matière préférée à l'école et qu'est-ce qui la rend intéressante ?
- Chiens ou chats ? Ou un autre animal ?
- Quel film pourrais-tu regarder encore et encore ?
- Quelle est ta saison préférée et qu'est-ce que tu aimes dedans ?
- Tu préférerais lire un livre ou regarder un film ?
- Quel est le meilleur cadeau que tu aies jamais reçu ?
Comprendre leurs relations
- Qui te fait le plus rire ?
- Qu'est-ce que tu aimes le plus chez ton meilleur ami ?
- Si tu pouvais faire n'importe quelle activité avec moi, que voudrais-tu faire ?
- Quelle est la chose la plus gentille que quelqu'un ait faite pour toi récemment ?
- Qui est-ce que tu admires, et pourquoi ?
- Qu'est-ce que tu aimerais que plus de gens sachent à ton sujet ?
- Quelle est la chose la plus gentille que quelqu'un t'ait dite ?
- Si tu pouvais donner un conseil à un enfant plus jeune, que dirais-tu ?
- Qu'est-ce qui te fait te sentir aimé ?
- Avec qui te sens-tu le plus à l'aise pour être toi-même ?
Découvrir leurs valeurs et ce qui a changé chez eux
- Qu'est-ce qui te faisait peur avant et ne te fait plus peur maintenant ?
- Quelle erreur as-tu commise qui t'a appris quelque chose d'important ?
- Qu'est-ce que ça veut dire, être quelqu'un de bien ?
- Si tu pouvais aider à résoudre un problème dans le monde, lequel serait-ce ?
- Qu'est-ce que tu aimerais apprendre de nouveau ?
- Quelle est la chose la plus difficile à ton âge ?
- Qu'est-ce que tu fais mieux aujourd'hui qu'il y a un an ?
- Que ferais-tu avec 100 € ?
- Qu'est-ce qui te rend heureux ?
- Si tu pouvais dire une chose à toi plus tard, que serait-ce ?
Comment tirer le meilleur parti de ces questions
Choisir le bon moment
Les meilleurs moments sont ceux où personne n'est assis en face de personne : la voiture, une promenade, la cuisine pendant qu'on prépare le repas, les dix minutes avant d'éteindre la lumière. Un enfant qui n'a pas à soutenir votre regard parle beaucoup plus facilement, et il peut s'arrêter quand il veut sans que ça se voie.
Le trajet du matin fonctionne particulièrement bien : tout le monde est captif, personne n'a encore d'excuse pour filer dans sa chambre, et la question tient dans le temps du parcours.
Rangez les téléphones, le vôtre compris. Prenez l'habitude de poser votre question au même moment de la journée, parce qu'un rendez-vous connu se prépare mentalement, même à huit ans. Et si ça ne prend pas ce soir-là, laissez tomber : ce n'est pas un entretien d'embauche, et une question forcée ferme la porte pour les trois suivantes.
Poser avec une curiosité sincère
Écoutez plus que vous ne parlez. La tentation est grande de donner votre propre réponse dans la foulée, ou d'enchaîner sur la leçon que l'histoire vous inspire, et c'est exactement ce qui coupe le robinet. Relancez plutôt : « pourquoi ça ? », « raconte-moi ».
Ne corrigez pas une réponse parce qu'elle vous surprend. Un enfant repère en une seconde le sujet sur lequel il vaut mieux se taire la prochaine fois. Répondez aussi vous-même, de temps en temps, avec quelque chose de vrai : c'est à ce moment-là que la conversation cesse d'être un questionnaire et qu'ils apprennent quelque chose sur vous.
Adapter les questions à l'âge de l'enfant
Entre 4 et 7 ans, restez simple et concret, et donnez un exemple de réponse pour amorcer. Entre 8 et 11 ans, alternez le drôle et le sérieux : c'est l'âge où les opinions se forment et où on adore les exposer.
Entre 12 et 14 ans, attendez-vous aux yeux levés au ciel, mais sachez qu'ils écoutent quand même ; laissez-leur un blanc pour réfléchir au lieu de meubler. À partir de 15 ans, on demande, on ne fouille pas. Ils en diront plus le jour où ils ne se sentiront pas convoqués.
Et s'ils ne veulent pas parler ?
Toutes les questions ne feront pas mouche, et ce n'est pas grave. Voici les quatre réponses que vous allez entendre le plus souvent, et quoi en faire.
« Je sais pas. » Traduisez : « laissez-moi le temps », ou « je ne suis pas encore à l'aise avec ça ». Reformulez la question autrement, ou dites simplement que vous la reposerez plus tard.
Les réponses d'un mot. Une relance douce suffit souvent : « qu'est-ce qui te fait dire ça ? », « tu peux m'en dire plus ? » Beaucoup d'enfants attendent une autorisation pour développer.
Les yeux au ciel. Spécialité de l'adolescence, et ce n'est pas dirigé contre vous. Passez en mode côte à côte : posez la question en conduisant, en rangeant les courses, en marchant, jamais en face-à-face.
Les réponses n'importe quoi. Les petits testent si vous écoutez vraiment. Entrez dans le jeu deux minutes, riez, puis revenez à la question : « très bonne réponse. Et sérieusement ? »
Le but n'est pas de dérouler les 50 questions d'affilée. Une ou deux qui tombent au bon moment valent mieux que la liste entière. Nos meilleures conversations sont parties d'une seule question.
Quand vous n'avez plus d'idées en voiture
Trouver une bonne question sur le moment, à 19 h après une journée de travail ou au bout de trois heures d'autoroute, c'est une tâche de plus. C'est pour ça que nous avons fait MileSmile. L'application produit des questions à la chaîne, réglées sur les sujets qui intéressent votre famille, à table comme sur la route.
Le Mode Voiture est la partie qui change le plus de choses : l'application lit la question à voix haute et le conducteur répond avec les commandes au volant, sans quitter la route des yeux. Personne ne touche l'écran, donc tout le monde joue, y compris celui qui conduit.
Il y a aussi plusieurs jeux, dont Qu'est-ce que je dirais ?, où chacun essaie de deviner ce que les autres vont répondre. C'est souvent là que les révélations arrivent, parce qu'un enfant qui se trompe sur vous veut immédiatement savoir pourquoi. Et les questions étant générées au fur et à mesure, la réserve ne s'épuise pas.
Rien de tout ça ne remplace une vraie conversation. Ça enlève seulement l'effort de la lancer.
Ce que poser des questions change à long terme
Un enfant écouté régulièrement construit un attachement sécurisant : il vous fait confiance par défaut, pas au cas par cas. Les familles où ces échanges positifs sont fréquents rencontrent aussi moins de problèmes de comportement, ce qui n'a rien de mystérieux. Un enfant qui a un endroit pour dire les choses a moins besoin de les faire.
L'effet sur la parole elle-même est plus discret. À force de répondre à des questions ouvertes, on apprend à formuler ce qu'on pense et ce qu'on ressent, et à s'observer un peu de l'extérieur. C'est ça, l'intelligence émotionnelle, et elle sert le jour où quelque chose de grave arrive : les enfants habitués à parler viennent vous voir, les autres se débrouillent seuls.
Les habitudes prises maintenant fixent la relation pour les vingt ans qui viennent. Et vous leur apprenez au passage que ce qu'ils pensent mérite d'être demandé, ce qui est probablement ce qu'ils garderont de plus utile.
Questions fréquentes
À quelle fréquence poser ce genre de questions ?
Quelques fois par semaine au minimum, tous les jours si vous y arrivez. Une seule question au coucher ou pendant le dîner suffit. Cinq minutes de vraie conversation valent mieux qu'une heure d'échanges distraits.
Et si la réponse de mon enfant m'inquiète ?
Restez calme et curieux. Remerciez-le d'avoir parlé, puis posez une question de suivi pour comprendre. Le jugement immédiat et la leçon ferment la porte pour la fois d'après. Si le sujet touche vraiment à sa sécurité ou à sa santé mentale, prenez-le au sérieux et faites-vous aider par un professionnel.
Mon ado trouve ces questions ringardes, je fais quoi ?
Il résiste à ce qui a l'air organisé, pas à la conversation. Posez vos questions pendant une activité partagée, en voiture, en cuisinant, en jouant, plutôt qu'au cours d'un moment annoncé comme tel. Laissez-le choisir la question, ou présentez ça comme un jeu. Reconnaître vous-même que c'est un peu ringard aide plus qu'on ne croit.
Est-ce que ça marche avec des enfants d'âges différents en même temps ?
Oui, à condition d'ajuster le vocabulaire. Les plus jeunes ont besoin de mots plus simples, les plus grands peuvent creuser. Ces tours de table à plusieurs âges sont souvent les meilleurs : les petits voient à quoi ressemble une réponse construite, et les grands se retrouvent à réfléchir plus loin qu'ils ne l'auraient fait seuls.
Quel est le meilleur moment de la journée ?
Ça dépend de l'enfant. Certains parlent le matin, d'autres seulement une fois la lumière éteinte. Le trajet en voiture marche à peu près pour tout le monde, parce qu'il n'y a pas de contact visuel à soutenir. Essayez plusieurs créneaux et regardez quand le vôtre se détend.
Comment commencer si on n'a jamais eu ce type de conversation ?
Petit, et sans annonce. N'expliquez pas que vous voulez « mieux communiquer », glissez juste une question dans une conversation ordinaire. Commencez par les plus légères avant d'aller vers les plus profondes. Ce sera maladroit les premières fois, c'est normal, et ça ne le restera pas.
Commencez ce soir avec une seule question
Ce soir, au dîner ou au moment du coucher, prenez une question de la liste et posez-la. Écoutez la réponse. Posez-en une deuxième dessus. Puis arrêtez-vous là.
C'est tout ce qu'il y a à faire, et vous recommencerez demain avec une autre. Vos enfants ne se souviendront pas de chaque conversation, mais ils se souviendront que vous avez demandé.
Au bout de quelques semaines, vous verrez la différence dans l'autre sens : ils commenceront à vous poser des questions. C'est le signe que l'habitude a pris, et c'est le moment de leur laisser choisir le sujet.
Des questions en réserve pour toute la famille
Si ces 50 questions vous ont plu et que vous en voulez des centaines d'autres, calées sur ce qui intéresse votre famille, téléchargez MileSmile. En Mode Voiture, l'application lit les questions à voix haute et tout le monde répond sans toucher l'écran, ce qui vaut aussi bien pour les vacances que pour les dix minutes du trajet de l'école.
MileSmile est gratuite sur iOS et Android. Installez-la avant le prochain départ, et posez la première question au premier feu rouge.

